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L’Académie de Soissons, « fille aînée de l’Académie française »

En tant que chef-lieu d’une généralité et d’un siège épiscopal, Soissons était une ville influente dans le milieu culturel du XVIIème siècle.
De part son histoire, ses abbayes et ses structures administratives, la ville fournissait un terrain propice au développement d’une élite urbaine.

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C’est ainsi qu’en 1650, un groupe de jeunes magistrats soissonnais décidèrent de se réunir pour échanger sur l’histoire et l’art littéraire

La création d’une académie de province :

15 ans après la création de l’Académie française, quatre soissonnais, Julien de Héricourt, Charles Bertrand, Jean-Baptiste Guérin et Etienne Morant créèrent la Société académique de Soissons.

Ces amateurs des belles lettres furent rapidement rejoints par d’autres fonctionnaires, ainsi que des clercs.

Ils se réunissaient chaque semaine, d’abord chez le secrétaire Jean-Baptiste Guérin, puis au sein du couvent des Feuillants. Ils tenaient également des séances publiques dans la grande salle de l’évêché.

Cependant, ces « académiciens » souhaitaient une approbation royale. Pour cela, il fallait être soutenu par d’influents personnages. C’est ainsi que la société reçut le soutien d’Olivier Patru, avocat au Parlement, et de François-Annibal d’Estrées[1], gouverneur de la province Ile-de-France.

Grâce à ces relations, Louis XIV ordonna la création de l’Académie royale de Soissons par lettres patentes en juin 1674.

Elle devint la troisième académie provinciale agréée, après Avignon et Arles. Toutefois, la création de la Société académique de Soissons se fit dès 1650. C’est pourquoi, elle s’intitula « la fille ainée de l’Académie française » et prit pour sceau et devise : un aiglon s’élevant vers le soleil à la suite d’un aigle, avec ces mots : maternis ausibus audax.

Par conséquent, l’Académie de Soissons devait se limiter à 20 personnes, suivre les orientations de l’Académie française et y contribuer chaque année.

De plus, elle devait prendre pour protecteur un membre de l’Académie française. Le premier fut le cardinal César d’Estrées.

La courte apogée de l’académie :

L’Académie de Soissons contribuait ainsi à mettre en valeur la langue française. Elle proposait des concours littéraires, produisait des ouvrages et disposait d’une importante bibliothèque.

A la mort du roi en 1715, l’académie perdit de son dynamisme et finit par disparaître à la Révolution française.

Une Société des arts et des belles lettres de Soissons prit la suite durant l’Empire, mais les activités tendaient de plus en plus vers l’histoire. C’est la Société historique et archéologique de Soissons, créée en 1847, qui prit le relais jusqu’à nos jours.

Sources :

Société historique de Soissons

Henri MARTIN et Paul-L JACOB, Histoire de Soissons, Paris, 1837.

Michelle SAPORI, l’Académie royale de Soissons, Mémoires de la FSHAA, 2004.

Images : 

© gallica.bnf.fr


[1]  Frère de Gabrielle d’Estrées, maîtresse d’Henri IV